« Le journaliste togolais face à la désinformation et à la mésinformation ». C’est autour de cette thématique qu’un café juridique a réuni, le vendredi 28 novembre 2025 àTilitu Lab de Kara, des professionnels des médias, influenceurs et lanceurs d’alertes. Cette rencontre conviviale d’échanges spontanés a été organisée par le Collectif des Associations Contre l’Impunité au Togo (CACIT), antenne de Kara, en partenariat avec l’UGP, dans le cadre de la promotion de la liberté d’expression, du renforcement du secteur médiatique et de la protection des défenseurs des droits humains. L’initiative a également bénéficié de l’appui de l’Observatoire Togolais des Médias (OTM), de FAMEDEV et de l’Union Européenne.
À travers ce cadre d’échanges, le CACIT a voulu sensibiliser les acteurs médiatiques sur le dispositif juridique applicable au Togo en matière de lutte contre la désinformation et la mésinformation, dans un contexte marqué par le développement des TIC et la rapidité de circulation d’informations parfois non vérifiées, biaisées ou manipulées. Pour les organisateurs, il était nécessaire d’éclairer davantage les professionnels afin de renforcer leur maîtrise des fondamentaux et de rappeler l’importance de la responsabilité journalistique.
Le premier panel, animé par Dr Abilébou Djafarou, enseignant-chercheur à la Faculté de Droit de l’Université de Kara, a permis de retracer l’historique du phénomène des fake news, d’expliquer les nuances entre désinformation, mésinformation, rumeur, propagande et fausses informations, et de présenter le cadre juridique en vigueur. L’intervenant a rappelé les principaux textes auxquels les journalistes sont assujettis, notamment le Code de déontologie, le Code de bonne conduite, le Code de la presse, la loi sur la cybercriminalité, ainsi que le Code pénal, dont l’article 497 sanctionne la diffusion de fausses informations.
Le second panel, animé par M. OURO-AGORO Rachid, Chef de la Division des Technologies de l’Information et de la Communication et responsable de la webradio à Radio Kara, a porté sur le rôle et la responsabilité du journaliste face aux fake news. L’intervenant a présenté différentes méthodes permettant de détecter et contrer les fausses informations, ainsi que plusieurs outils techniques utiles pour distinguer le vrai du faux.
Il a rappelé que le journaliste doit offrir à l’opinion une information exacte et fiable, mais qu’avant cela, il lui incombe de vérifier, démystifier et décrypter toute donnée reçue.
Le responsable juridique chargé de la protection au CACIT Kara, M. Wakilou Byao, s’est réjoui de l’initiative, soulignant que cette rencontre a permis d’instaurer une base d’échanges constructifs. Selon lui, l’objectif est atteint et le professionnalisme des acteurs des médias ne pourra qu’en être renforcé. « Nous avons réussi le pari de cette rencontre et nous sommes convaincus que nous pouvons désormais continuer à nous interpeller sur le vrai travail du journaliste : informer et bien informer. »
Rachid OURO-AGORO



